Depuis hier, mercredi 12 février, des tensions palpables secouent la province du Woleu-Ntem, où la tournée nationale de l'ancien Premier ministre, Alain-Claude Bilie-By-Nze, a été perturbée par une série de manifestations.
Cyr Adonis NZIGOU
Essor TV
Ces jeunes, bien que parfois accusés à tort d'être politiquement manipulés, n'en demeurent pas moins fidèles à un principe fondamental : leur colère est légitime.
Arrivés à Mitzic, les membres de la plateforme politique Ensemble pour le Gabon ont été confrontés à une réception houleuse, notamment de la part d'un groupe de jeunes visiblement engagés et déterminés. Sur les réseaux sociaux, plusieurs vidéos ont circulé, montrant des manifestants aux propos virulents, certains menaçant même physiquement le leader de la délégation.
Le bruit des casseroles la nuit en témoigne : ces jeunes n'étaient pas seulement en colère, mais ils cherchaient à faire entendre leur voix d'une manière forte et claire.

Mais loin d'être instrumentalisés par des forces extérieures, ces jeunes, comme beaucoup de leurs pairs au Gabon et en particulier dans la province du Woleu-Ntem, expriment une frustration bien fondée. Ils ne sont pas amnésiques. Leur colère ne découle pas d’une simple désillusion passagère, mais d’une profonde indignation vis-à-vis de ceux qui ont été des partisans acharnés du régime déchu et qui, aujourd’hui, viennent prétendre être des symboles de la moralité et de l’intégrité.
Ils ne peuvent accepter qu'un homme, anciennement fidèle serviteur d'un régime autoritaire, se présente aujourd'hui comme étant irréprochable et sans reproche. Une telle attitude ne fait qu'exacerber un sentiment d'injustice déjà bien ancré dans les esprits de ces jeunes qui, au contraire, réclament la vérité et la justice. Leur mécontentement repose sur cette question fondamentale : pourquoi ces personnalités, ayant soutenu un système injuste, seraient-elles les mieux placées pour incarner un changement véritable et sincère ?
Au moment où nous couchons ces lignes, l'on nous signale d'une altercation entre les partisans du président d'Ensemble pour le Gabon et ces jeunes de l’Okano qui visiblement n'ont plus le droit de manifester sur leur propre terre.
Abonnez-vous à notre newsletter et recevez
l’essentiel de l’actualité