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Politique

Raymond Ndong Sima sonne l’alarme pour une réforme administrative en profondeur

Ce mardi 28 janvier 2025, le Premier ministre de la Transition, Raymond Ndong Sima, a convoqué une réunion d’urgence avec les secrétaires généraux et Inspecteurs généraux de l’administration gabonaise.

Cyr Adonis NZIGOU

Essor TV

Publié le 2025/01/29 à 13:48:18
Temps de lecture : 1m30

Raymond Ndong Sima s'adressant aux Secrétaires généraux et Inspecteurs généraux


Objectif : enclencher une profonde réforme d’un système gangrené par des pratiques inefficaces et obsolètes. Mais cette mise en garde sera-t-elle suffisante pour impulser un réel changement ?

Un constat alarmant : une administration à la dérive

Malgré la présence de cadres hautement qualifiés, l’administration gabonaise souffre de nombreuses dérives : corruption, lenteurs bureaucratiques, favoritisme, clientélisme et non-respect des procédures établies. Un diagnostic sévère dressé par le Premier ministre, pointant du doigt une défaillance structurelle persistante.

Raymond Ndong Sima a rappelé que les cadres réglementaires, notamment le décret 378 du 26 mai 2000 et la loi 20 du 3 janvier 2005, existent mais restent largement ignorés. Plus inquiétant encore, les inspecteurs généraux, censés garantir la régularité et l’application des règles dans les différents ministères, semblent avoir abandonné leur rôle au profit de pratiques contraires à leur mission.

Un retour aux fondamentaux exigé

Face à ce constat, le chef du gouvernement a lancé un avertissement sans équivoque aux responsables administratifs : il est impératif de revenir aux textes et aux procédures. « Mesdames et messieurs les inspecteurs généraux, où sont vos manuels de procédures ? », s’est-il exclamé, dénonçant une complaisance généralisée.

Il a notamment critiqué l’implication des inspecteurs dans la gestion administrative, ce qui les place en position de juge et partie. « Si vous êtes mêlés à la gestion, comment pouvez-vous être à l’abri de l’irrégularité ? », a-t-il interrogé, évoquant les pratiques de rétro-commissions et autres dérives institutionnalisées.

Pour redresser la situation, le Premier ministre a donné 60 jours aux inspecteurs généraux et aux secrétaires généraux pour produire et déposer sur son bureau des manuels de procédures et d’organisation conformes aux règles en vigueur. Ce délai strict marque un tournant décisif dans la lutte contre l’inefficacité administrative.


l’administration gabonaise souffre de nombreuses dérives

Une offensive contre la corruption et le favoritisme

Au-delà du respect des textes, Raymond Ndong Sima a exigé des secrétaires généraux la mise en place d’un système de notation équitable et transparent des agents de l’administration. Il a insisté sur la nécessité d’une évaluation basée sur la méritocratie et non sur le copinage ou le clientélisme.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité des orientations données par le Président de la République lors de ses vœux à l’administration, le 10 janvier dernier. L’objectif est clair : imposer une culture de l’intégrité et de la rigueur au sein de l’appareil étatique.

« J’interpelle votre conscience sur ce qui est en train de se faire. Cela ne peut continuer, je vous mets en garde », a martelé le Premier ministre, annonçant une purge immédiate des pratiques déviantes.

Un pari audacieux pour l’avenir

Alors que le Gabon traverse une période cruciale de transition politique, cette initiative de réforme administrative pourrait être un tournant majeur. Mais la question demeure : ces directives seront-elles réellement appliquées ou resteront-elles lettre morte, comme tant d’autres avant elles ?

Les prochaines semaines seront décisives pour mesurer l’impact de ces nouvelles exigences. Si le gouvernement parvient à imposer un véritable changement, il pourrait inscrire cette réforme comme une étape clé dans la construction d’une gouvernance plus transparente et efficace. Dans le cas contraire, cette réunion ne sera qu’un épisode de plus dans l’interminable lutte contre les dysfonctionnements de l’administration gabonaise.

L’avenir nous dira si ce sursaut sera suffisant pour transformer durablement le paysage administratif du pays.

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