Lancée le 2 janvier 2025 par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité et prolongée jusqu’au 8 février, l’opération de révision des listes électorales a captivé l’attention des Gabonais.
Cyr Adonis NZIGOU
Essor TV
Le dernier jour de l’opération a vu une affluence impressionnante dans les centres dédiés à cet enjeu crucial, marquant un tournant dans l’histoire politique du pays. Les Gabonais, conscients de l'importance de leur participation, se sont massivement présentés pour s'assurer de leur inscription en vue de la présidentielle du 12 avril 2025.
Le désir de clore définitivement un passé politique et de prendre part à un nouveau chapitre a été palpable dans les files d'attente. Dans le Grand Libreville, les centres d’inscription ont été pris d’assaut. L’afflux massif de la dernière journée est venu confirmer la volonté des Gabonais de s'engager dans la dynamique de changement. Pour beaucoup, cette inscription n’était pas seulement une formalité administrative, mais un acte symbolique d’implication dans un projet national ambitieux. «Je n'avais pas de temps au début de l’opération. Mais là, je n’ai plus le choix. C’est le dernier jour, et je me dois de m’inscrire si je veux participer au changement que nous souhaitons pour notre pays», témoignait un habitant de Bikélé, au bord de l’enrôlement.
Les scènes se multipliaient à travers le pays, notamment dans les mairies, où certains agents déploraient cette tendance à attendre les dernières minutes. Cependant, la réalité du terrain reflétait un autre phénomène : une volonté farouche de participer à la vie politique, même dans l'urgence. «Le Gabonais aime les dernières minutes», a souri un agent de l’opération, tandis qu’un retardataire ajoutait : «le Gabonais est comme ça. Il aime se mettre la pression. L’opération a été lancée il y a plus d’un mois, mais regardez comment ils sont nombreux au dernier jour».
Plus qu’une simple inscription, cette révision des listes électorales symbolise l’espoir d’un renouveau. «Il faut s’inscrire parce qu’on est dans une nouvelle ère. Peut-être que les choses vont se passer différemment par rapport aux précédentes élections et permettre un vrai changement dans notre Gabon», exprimait un autre citoyen, confiant dans la possibilité d'un avenir meilleur.
Ce processus, qui a permis de recenser les jeunes récemment devenus majeurs, ainsi que ceux souhaitant changer de centre de vote, a également offert l’opportunité de radier les personnes décédées ou ayant perdu leurs droits civiques. Pour la première fois dans l’histoire récente, les détenus en détention préventive ont été recensés, ouvrant la voie à une pleine participation de tous les citoyens, y compris ceux privés temporairement de leur liberté. Ce recensement constitue une avancée majeure vers une démocratie plus inclusive.
L’engouement populaire pour cette révision des listes électorales témoigne de la volonté des Gabonais d’écrire leur propre histoire et de ne pas laisser le pays sombrer dans l’abstinence électorale. Cet engagement est d’autant plus renforcé par les incertitudes politiques actuelles. La question qui persiste dans les esprits est celle de la candidature d’Oligui, actuel leader de la transition. Sa participation à la présidentielle pourrait incarner le point de départ d’une nouvelle gouvernance, symbole de la rupture avec les anciens régimes et d’une véritable refondation du Gabon.
Les Gabonais, unis dans ce processus électoral, semblent déterminés à faire entendre leur voix et à tracer un avenir à la hauteur de leurs aspirations.
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